
Dimanche 7 septembre 2025, ça discute sur le camp de base.
Aux habituels échanges, c’est quoi ton découpage ? Où tu dors ?, etc
s’ajoute l’info des derniers jours : l’accès à Queyras sera coupé en journée. Un créneau de passage prévu pour mercredi avant 8h30 ou après 13h. Exceptionnellement Sophie a autorisé un départ anticipé lundi 5h.
Je vérifie : a priori aucun impact sur ma feuille de route ; je garde donc le départ 7h.
Un neveu de Sophie, assisté des randonneurs allemands, prépare et sert un excellent et copieux dîner.


20h, premier départ avec la presque totalité des français.
Il est peu probable qu’ils puissent admirer l’éclipse de lune quasi-totale de ce soir, bien visible depuis le camp de base.

Ils sont partis, on discute un peu et go dodo dans mon C8 organisé pour bivouac.
Lundi 8 septembre 2025 – 7h la cloche sonne. Départ !

Ça part rapide comme attendu. Je suis le groupe de tête puis, rapidement, en moins d’une heure, je laisse partir.
Je suis seul, c’est le 1000 du Sud mon gars ! il fait beau ça va être top.
La route de départ emprunte le tracé retour de l’année dernière. Lac de Sainte-Croix traversé avant 9h. C’est beau et tranquille.


Ça grimpe de manière masquée, avec de petits pourcentages, mais tout de même. Plateau de Valensole. Il n’y a pas de circulation.
Je suis rattrapé par Sacha. On fait quelques km ensemble. Il passe devant, puis repasse derrière car il s’arrête souvent à la recherche de fontaine ; il a besoin de bcp boire.

Premier contrôle à Fontienne.
Des personnes me voyant chercher autour de l’église m’indiquent un point d’eau.
Je transmets à Sacha qui arrive.
Je repars, et je retrouve Pascal B qui me demande de le photographier devant le panneau de Fontienne car son tel est totalement déchargé.
Il est ennuyé par ce tracas inhabituel et de devoir s’arrêter pour recharger son téléphone.


Il est midi maintenant, il faut alimenter le cyclo.
Un morceau de fromage à la découpe fera l’affaire à Saint-Etienne-les-Orgues.
Je peux payer en sans contact ? Réponse de la commerçante : « Aujourd’hui oui, mais mercredi non ». (Mouvement de contestation national du mercredi 10 septembre, avec grève des paiements par carte). In petto : pas grave ; mercredi je serai en Italie.
Je repars rapidement.
14h à Ongles, j’avise une terrasse. Trop tard pour le dej. Je prends deux desserts, un soi-disant tiramisu (avec vaguement du mascarpone sur de la crème de marron et sans café !) et une part de tarte sans goût ( « il restait de la salade de fruits alors j’ai fait une tarte ») . (Demandez moi l’adresse pour ne pas y aller).
Peu importe, ça repart, le plat principal de cette première journée va arriver et à Sault, je devrais bien trouver de quoi manger.
Sault 14:45
Effectivement, j’y retrouve Mathias, Walter, Peter et Sacha qui m’accueillent à leur table devant de belles portions de frites avec coca.
Je commande mon café-glace vanille-chantilly.
Quand il m’est servi, heureux, Walter saisit la chantilly « ah la mayonnaise pour les frites».

Je repars vite pour l’ascension. Sacha me double avant le chalet.
C’est agréable, il fait doux, il y a quelques cyclistes en cet après-midi. Arrêt boisson au Chalet puis je repars. Mathias me double et Walter reste dans mon rétroviseur.
On se retrouve au sommet mythique, heureux comme des gamins. Le morceau principal de cette première journée est passé. (
Ils remplacent leur maillot de corps par un sec. Pour ma part j’enfile juste une couche supplémentaire, gants etc et je descends.


Quel pied tout de même de descendre ! Je me souviens alors que c’est aussi pour ça qu’on grimpe.
À Malaucène je vois l’équipe de tête attablée (Gerhart, Stutz, Mathias, Michael et Eva), Christian a déjà pris ses distances et est parti devant.
Restent 20km. Je file vers mon appart qui m’attend à Buis les Baronnies.
Pierrelongue, la chapelle Notre-Dame de la Consolation de haut, me souhaite une bonne arrive.

Étape 1 – 224km – 3800m
Accueilli par un vieux couple ; la chambre d’hôte est juste à l’entrée et attenante à la cuisine.
Les instructions me sont données, le petit dej déjà installé. Impec, je suis autonome, je peux partir en quête de mon dîner. Oui il y a de nombreux restos autour de chez nous me disent mes hôtes. Sauf que nous sommes lundi; le micro centre-ville est mort. Sur six restos, un seul ouvert et complet. Aïe Je googlemap, et trouve une brasserie avec terrasse où je retrouve Peter, Mathias et Walter, ils n’ont pas encore commandé. Ils m’invitent à leur table. Dîner rapide et efficace, on échange, on est bien, chacun sur son tel.
Ils prévoient de rouler cette première nuit. Les prévisions météo ? Oui la pluie va passer cette nuit et demain, sans plus de précision.
Pendant notre dîner, arrive le couple allemand en tandem (Ils finiront dans les temps !).
La chambre est collée à un débarras-chaufferie et ça sent fort le gaz.
Endormi vers 21:00, réveil mis à 1:00. Plus de 3h30 de sommeil pour la première nuit, c’est bien.
J2 mardi 9 septembre 2025 Départ 2:00
Tout est mouillé. Nuit sombre, très nuageuse ; la lune est absente. J’ai évité la pluie. Pensée pour les randonneurs nocturnes qui ont probablement dû s’abriter.
Petite déconvenue et surprise pour moi qui prépare tout sur ma feuille de route. Le premier contrôle au col Soubeyran est en fait précédé par un autre col ; le col d’Eu. Petit comme son nom mais bien réel. Petit retard sur mon plan de route.
4:10 :
Petit coup de mou vers 5h, j’avale une pâte de fruit.
Je me débarrasserais bien de quelques déchets. Dans la nuit, j’aperçois des poubelles sur le bord de la route, je m’y dirige et tape un trottoir invisible, culbute et me retrouve sur le dos.
Bigre, le con. Rien de méchant, juste un rappel de vigilance et micro bobo au coude. bien bien bien. Pendant que je me remets les idées en place, un cyclo passe dans la nuit.

Toujours au sec jusqu’à présent.
Le jour se lève, à Luc en Diois, arrêt fontaine.
Boulangerie ouverte, j’hésite, mais pas de boisson chaude. Je continue.

8:00.
À Châtillon en Diois, je vois la bande Stutz, Gerhard, Michael, Eva, etc autour d’un bar.
Ce sera mon arrêt capuccino avec biscuits de sacoche. Je vois le groupe repartir.
Dans ce village tranquille la patronne du bar a été « secouée » me dira-t-elle par « tout ce groupe » débarqué dès l’ouverture de son établissement. Devant moi, je regarde une navette déposer / chercher des écoliers.

Ce mardi l’atmosphère est très humide après les orages, je roule enveloppé de lavande.

J’hésite à partir à droite, et non ! … pas le genre de la maison ; faut monter au col de Menée,
(oui le vélo développe l’humour subtil)
10:00 Col de Mené et son tunnel vers le Trièves.

Je roule seul. Chouettes paysages, faible (voire très faible) circulation.

11:15 Je cherche à me ravitailler à Mens. Une boulangerie propose friand fromage et quiche bien grasse ; délicieux. Je prends un Perrier au bar en face et ça repart pour le col de St Sébastien.

Petit passage à gué de la Souloise et très belle petite route vers le lac du Sautet (alimenté par le Drac).


Après Ambel je me déshabille, enfin la chaleur.
Bientôt 13:30 passées, je m’inquiète pour mon déjeuner.
Passe le Drac pour récupérer la N854 et la civilisation.
Quelques centaines de mètres sur la nationale et je vois un restaurant. J’y fonce ! Il est 14:03
- La cuisine est fermée. Désolé
- Aïe, Vous n’avez rien à réchauffer au micro-onde ?
- Attendez, ok pour le plat du jour en direct
- Yes ! Avec crème brûlée ? Nickel.
Feuille de route respectée. Tout se passe comme prévu.


Ce début d’après-midi le ciel est radieux.

17:20 Col de Moissière.

Restent 80km dans le Champsaur pour aujourd’hui.
Les nuages s’amoncellent.
Ça gronde au loin. Ça pleut fort devant.
Pour l’instant, le vent pousse ce déluge devant moi.


18:50 Saint Apollinaire.
Yapuka descendre vers Embrun sous un ciel chaotique et splendide.

Quel timing de rêve ; le sol est trempé, les pieds mouillés mais le cyclo est sec et il ne me reste qu’à trouver un resto. Je googlemaps un resto asiatique.
Il est Thaï et ne fait pas les gyosas que j’apprécie en rando mais des raviolis frits excellents. J’ai ma soupe. Je suis aux anges.
Et voilà qu’un cyclo me rejoint; attiré par mon vélo à l’extérieur. C’est Woban qui s’attable avec moi. Le plaisir des rencontres imprévues. Il repartira pour rouler et dormir « qq part ».
À la sortie du resto la nuit est froide. J’appelle le loueur du rb’nb qui m’indique le chemin discret caché entre deux immeubles qui mène à l’appart à l’arrière d’un pavillon éteint. Je prends possession du logement assez spacieux.
Excès de confiance et fausse bonne idée : je nettoie mon cuissard. Il ne sera pas totalement sec demain matin ; petite ombre au tableau.
Étape 2 – 254km 5400m
Couché 22:00. Réveil à 2:00. Je me réveille 10min avant. C’est bon signe.
Petit dej avec soupe en sachet et restes de sacoches. Parfait.
Mercredi 10 septembre 2025 Départ 3:00
Humide et froid. Nuit sombre et nuageuse. La route est mouillée.
La motivation est au top pour cette grosse journée ; deux cols majeurs séparés par une longue transition italienne.
À Guillestre une famille de chevreuil en pleine ville s’enfuit à mon arrivée, leurs sabots dérapent sur le bitume mouillé.
Effectivement, Sophie m’avait prévenu ; dès Embrun ça monte ; la moyenne ne sera pas élevée…
Petit coup de mou à 6:00. À Château-Queyras je m’assoupis quelques minutes, adossé à un lavoir couvert.

42 km et quasi 1000m de D+ déjà.
À Château-Ville-Vielle j’échange qq mots avec Mickael qui part après avoir dormi à l’abri pour éviter de rouler trop sous la pluie.
6:30 la montagne se distingue maintenant. La vraie montée démarre. Il reste 1300m à gravir.
Je m’engage, et serai doublé par la bande ; Eva, Sacha, Gérhard, etc (Tiens ? Finalement ils étaient derrière ?


Une averse, je m’arrête pour bâcher, était ce utile ?

Le paysage est bien mystérieux, quasi fantastique, avec les nuages qui passent s’accrochent au paysage.
La montée au col est bien longue mais le spectacle vaut le détour.


Je saisis tous les prétextes pour m’arrêter ; ah il pleut ah il ne pleut plus, oh ça mérite une photo, tu n’aurais pas envie d’un gel ? Etc

9:30 le col Agnel !. Ouf enfin. Plus de 2000m gravis ce matin ; c’était bien long, et j’en ai bien profité !
Gros travaux de réfection de la chaussée et ça bouchonne au col !. Un camion benne prend une voie. Le camping car venant d’Italie et le flux venant de France doivent se serrer pour se croiser à 2740m d’altitude.
Stutz arrive au col avec Sacha et Michael. (Son pote Mickael est déjà passé)
Je prends bcp de temps pour m’habiller pour cette longue descente.
Il y a plusieurs cyclistes, hommes et femmes, de toutes nationalités.

Ah ! Quelle descente ! Paysage magnifique et temps sec.
Ça envoie !


Le petit dej à Sampeyre. Sacha et ? Sont déjà attablés et s’enfilent croissants et pains au chocolat. J’opte pour une pizza qui mettra longtemps à venir. Ce temps est utilisé pour me changer. Stutz arrive.


Je pars pour cette longue partie italienne. Je serai redoublé par Stutz, Sacha et Woban.

Je m’arrête le midi pour un resto asiatique (et oui encore) à Borga San Dalmazzo. Un long moment de solitude à essayer de se faire comprendre.
On m’a tendu une tablette pour passer la commande, je coche des ‘trucs’ mais tous les choix laissent mon « panier » à zéro. Ce n’est qu’après avoir épuisé deux serveurs qu’une troisième me programme la tablette en mode « commande à la carte » plutôt que par « menu fixe». Bref. J’ai eu mes nouilles, mes gyosas, ma soupe. Eh be.

Journée italienne pas folichonne ; temps couvert, ni chaud ni froid. Il est presque 16h. Et c’est parti pour la montée du Tenda.


Petite pluie. Au début de la montée, arrêt à un bar pour un café rapide. Un participant y reste ; il m’indique avoir besoin de se pauser.
Les lacets s’enchaînent en cette fin d’après-midi. C’est là qu’intervient mon assistant Bobby Lapointe ; l’intégrale dans les oreilles me donne de l’entrain.
Je vois dans les lacets inférieurs deux cyclos qui me suivent, ce sont Michael et Stutz.
Les nuages sont très bas, limite brouillard. Le paysage reprend un aspect fantastique avec ces forts militaires italiens abandonnés.
Le génie du timing a encore frappé ; il est 17:30 et le chalet refuge Le Marmotte est encore ouvert. J’ai le temps de prendre un thé et une part de tarte. Seul dans la salle. Moment suspendu.


Fin d’après midi, le vent est fort, il faut s’habiller.
Le Col de Tende (1865m) est superbe. Photos devant derrière à gauche à droite. Le lieu est désert et mérite tous les efforts. Les anciens bâtiments de défense italienne de fin 19e et début 20e dans la brume sur les crêtes donnent une atmosphère particulière au lieu.


Voilà maintenant la grosse partie gravel de cette édition devant moi (12km).

Grandiose, je roule en cinémascope.


Je retrouve Sacha, Stutz, Woban et et Michael.
Ils roulent avec précaution entre les cailloux. On se suit, se double et redouble jusqu’à la Baisse de Peyrefique, 180m plus haut que le col de Tende.


Le paysage est sauvage ; très très isolé. Très confiant envers mes pneus, je prends bcp moins de précaution qu’eux dans la descente et les lâche sur cette ‘route’ anciennement militaire, totalement défoncée, avec des nids d’autruches, jonchée de cailloux et agrémentée de restes de bitume d’un autre âge.
Le soleil est quasi couché.
Col de Brouis (879m) passé à 21:20,
Je fonce mais arrive trop tard pour dîner à Sospel. Il est quasi 22:00. La pizzeria ne me propose qu’une pana cotta (copieuse) et un tiramisu (excellent). Ça fera l’affaire. Je rejoins mon appartement facilement à deux pas. 2 ou 3 étages à gravir en portant le vélo. L’immeuble semble vétuste mais l’appart coquet. Grande et longue entrée parfaite pour poser le vélo et passer l’inspection quotidienne de la machine.
R.A.S.; lessive, douche, on recharge tous les usb, je programme le réveil à 2:30 et dodo à 23:15 !
Demain, enfilade de 3 cols sérieux.
Étape 3 : 248km 4800m
Réveillé 0:45 puis 1:22 puis 2:00 … je me lève avant le réveil.
Jeudi 11 septembre 2025 extraordinaire. Départ 3:20
On est de retour dans le Sud ; il fait sec cette fin de nuit.
Je m’engage sur le col de Turini. Après quelques lacets, j’observe le ciel étoilé et la lumière blanche de la lune. La lune éclaire largement la route. J’éteins mon phare. Ça passe. Je monte dans un paysage presque en noir et blanc. C’est assez fantastique. Seuls quelques véhicules croisés et les rares parties arborées m’obligent temporairement à rallumer le phare.


Petit arrêt technique avant les derniers lacets et une pause micro sommeil. Je repars. Sur ma droite, un cyclo assis dans la nuit sous les arbres, frontale allumée, somnole; je passe sans bruit.
Col de Turini (1607m) atteint avant 7h. Le jour se lève.

Je descends sur la Bolène-Vésubie de nouveau dans un décor magnifique,


Gros petit dej en boulangerie à Saint-Martin-Vésubie vers 9:00. Il fait un peu frisquet dans ce fond de vallée.
C’est parti pour le deuxième col du jour.
Le parcours passe le long du lit de la « rivière tueuse ». La tempête Alex, le 2 octobre 2020 a causé d’énormes dégâts sur cette vallée de la Vésubie et a fait 18 victimes.
De nombreux engins de chantier y travaillent dans son lit sur des kms. Ils semblent minuscules au milieu de ces énormes blocs de roche soigneusement disposés pour retenir et diriger le flux. Ça donne une idée de la force incroyable de la crue.
Col St Martin (1503m) atteint à 10:15. Il fait beau, arrêt boisson rapide.

Go pour le 3e et sérieux col de la Sinne. Déjà gravi lors des Routes blanches de Stéphane Gibbon en juin 2022 sous un soleil de plomb.
Je n’ai croisé personne depuis le col St Martin. Il fait bien chaud maintenant et ça se fait sans pb. 13:20 photo au col.

Reste le déjeuner maintenant. petite inquiétude. Oui, je sais c’est ridicule, mais j’apprécie mon arrêt resto le midi.
J’avais repéré une auberge à Pierlas, juste en contre-bas du col, perdue à plus de 1000m d’altitude.
J’y fonce.

À l’ombre de l’auberge un homme en blanc fume.
C’est le cuistot / patron il me dit que c’est complet.
Après quelques mots, devant ma mine déconfite et mon regard implorant il me propose une viande / risotto et dessert. Yessss !
J’adore quand un plan se déroule sans accroc.
Et en plus la vue de la terrasse est splendide.
Je vois aussi que le restaurateur a choisi d’être complet avec une seule table de 6 personnes (!). Magnifique endroit hors du temps. Je goûte ce moment.

14:15 je pars. Beau temps. Je double Woban dans la descente dans la vallée du Cians.


Juste avant de passer le Var, j’avise un restaurant. Je m’y dirige, ce sera parfait pour mon café. J’y retrouve Stutz sur le départ après y avoir déjeuné.

Et hop, passé la Var, ça monte pour le col de Saint-Raphaël passé à 16:15. J’ai vu quelques cyclos mais sans souvenir précis.


La fin d’après-midi est calme, le ciel est bleu, et la Clue d’Alban ab-so-lu-ment magnifique. Je suis heureux de la voir. Mon précédent passage était en pleine nuit lors de la traversée des Routes blanches en juin 2022.



Ah, tiens, le vent est de face tout d’un coup. Aurais-je passé un col ? Ah oui, j’ai changé de côté ; franchi un passage. J’ai maintenant du vent dans le nez … et un petit faux plat montant.
Une lassitude s’installe, elle sera traitée de nouveau par du Boby Lapointe. Merci Boby ! Bigre le vent d’Ouest a sacrément forci. Un tantinet inquiet de mon horaire , d’arrivée à Castellane, j’appelle l’hôtel pour sécuriser mon dîner.
Reste à passer le dernier col du jour, encore quelques lacets ; le vent m’empêche, me pousse, m’empêche.
Le Saint Barnabé (1365m) atteint à 19:30, le soleil sur l’horizon.

Je ne me souviens pas avoir été croisé ni doublé par un quelconque véhicule depuis des heures. Ou si peu.
Cette descente de fin de journée offre de jolis points de vue le lac de Chaudanne après Demandolx. Je repasse le Verdon, à la retenue de la centrale de Castillon. Il y a quelques admirateurs devant ce paysage.


Puis, plus personne jusqu’à Castellane atteint à la tombée de la nuit où là je vois Woban sortir d’un resto. Il va rouler sans savoir où il dormira, il rit de mon attachement à dormir dans des draps. C’est la dernière étape pour lui, objectif camp de base directement.
Le resto de l’hôtel est plein, le vélo sera dans un garage en face l’hôtel. Je commence à accumuler la fatigue et la comprennette de cette fin de journée est vacillante. Il y a plusieurs serrures sur cette vielle porte de garage. L’hôtelier devra m’expliquer à plusieurs reprises laquelle utiliser !
Le ravitaillement est très copieux : une soupe de poissons (le saladier de croûtons sera vidé) suivi d’un magret de canard.
Je conviens d’un petit dej à ma convenance et en autonomie dans la salle. Frigo et eau chaude en accès libre.
Étape 4 188km 5000m
Sachant le reste à faire je ne compte pas partir plus tôt que ma feuille de route. Je programme le réveil à 3:00 pour un départ à 4:00.
Couché peu après 22:00 je me réveille (sans réveil) à 2:40. De nouveau plus de 4h de sommeil c’est impec.
Vendredi 12 septembre 2025, Je suis probablement fatigué car je traîne ; ramener le vélo du garage dans cette salle de petit dej, faire le thé, tartines, compotes, yaourts etc, et finalement je pars à 4:00
Il fait très froid avec fort vent d’Ouest. De nouveau la lune éclaire tout. Je m’arrête à la première bosse pour observer les constellations. Je révise pour reconnaître Orion.


Et ce final se fera à petite moyenne. Il reste encore 3 bosses, en difficulté décroissante heureusement. (90 km 1300m).
Je prends le temps d’un capuccino à Entrecasteaux avant 9:00. C’est bientôt l’arrivée et la fin de cette échappée hors du temps. La dernière de l’année.
Arrivée 9:40
heu-reux
Il fait beau, les potes français arrivés la veille au soir sont frais. Les allemands (qui n’ont pas fait de pause comme moi) arrivés dans la nuit ont aussi pu dormir sur place.
La magie des retrouvailles dans ce camp de base de rêve.




Bilan :
Vêtements : pas mis les jambières « sur-bas » très chaudes. Initialement prévues au sommet du col d’Agnel si il y avait eu la tempête… souvenir des heures sous la pluie froide de 2024 …
Tout le reste a été porté.
Le vélo craque du boîtier de pédalier et de la cassette / roue libre / boîtier de roue libre ?. À expertiser ! La saison 2025 a été bien remplie.
30X32 c’était difficile pour Agnel ; ce sera plus confort avec une cassette de 34.
Nourriture emportée : comme d’hab j’avais prévu trop de barres ; 1,5 par jour suffit. Trop de gels (un par jour suffit). Les barres nougat et les pâtes de fruits D4 sont top
Ai ouvert une seule soupe en sachet. Poudre chocolatée aurait été bienvenue pour un matin.
Trace : le découpage par quantité de dénivelé équilibré chaque jour est parfait.
Départ lundi matin ok pour moi. Je n’aime plus passer la nuit complète sur le vélo.