PBP2019 selon Serge, « mon 2ème et très probablement le dernier » (récit)

Tout a commencé la veille à la Bergerie Royale de Rambouillet sous la pluie dans la file attente qui nous menait au contrôles des vélos et la remise d’un kit contenant les plaques de cadre, carnet de route. Heureusement le dimanche après-midi avec l’apparition du soleil, le temps est idéal mais un vent de face s’est levé.

Cette année j’avais opté pour des bagages minimums à savoir une sacoche arrière contenant des vêtements pour la nuit et en cas de petite pluie, ainsi qu’un ravitaillement sensé m’amener jusqu’a premier contrôle (Km220 – Vilaine la Juhel). Je n’avais pas élaboré de véritable plan de route concernant les arrêts.
Départ en groupe en peloton à 17h. En route jusqu’à Montagne aux perches (Km 120), un petit arrêt pour s’équiper pour la nuit et de repartir avec Patrick
Entre Mortagne et Vilaine, c’est l’occasion de reformer le groupe CTVS en rejoignant Pierre et David du CTVS. Tout file normalement jusqu’au Vilaine puis Fougère (Km 300), mis à part quelques chutes provoquées par le rétrécissement des routes non signalés dans les petits villages, les pelotons se reforment en arrivant sur les contrôles.

5h du matin lundi et la première nuit blanche se fait sentir, Patrick décide de s’arrêter à Fougère pour dormir un peu, je repars donc seul après avoir laissé Pierre devant son petit déjeuner. Une erreur d’inattention me vaut une sortie de parcours quelques kilomètres après Fougères, une petite quinzaine de Kilomètre en trop bien visible sur la trace GPS.

Arrivé à Tinténiac à 9h (KM 360) et les premières douleurs au genoux droit se font sentir. Après un passage a l’infirmerie et quelques poches de glaces, je décide de repartir en essayant d’adopter plus de souplesse dans le pédalage.
La progression vers Loudéac n’est pas aisée entre les moments de somnolence et de vent contraire. Un petit repos de 20mn au milieu d’un champs et au soleil et c’est reparti avec le plein d’énergie. Au contrôle de Loudéac, Pierre et David sont là. Nous ne faisons que nous doubler et dédoubler.

Je décide de repartir en m’accrochant à la roue d’une équipe de 3 bretons très sympathiques et habitués de ces routes. A partir Loudéac les difficultés du parcours et le vent contraire ralentissent notre progression, nous passerons ensemble les contrôles de St Nicolas de Pelem, Carhaix, la montée vers les monts d’Arrée, puis à Sizun, je reprends la route seul jusqu’à cette interminable route de Landernau qui même à Brest. Fort heureusement un petit arrêt au stand de crêpe, au demeurant fort accueillant permet de souffler un peu.

Arrivée sur Brest entre Parisiens avec les sociétaires de l’US Metro (le client voisin du CTVS), il est déjà 21h15, le temps de prendre une douche, réserver une chambre au dortoir et se restaurer en compagnie de Pierre et Bertrand du CTVS. A Brest nous sommes à mi-chemin et pouvons ainsi mesurer ce qu’il reste à parcourir avec la fatigue en plus.

Le départ de Brest est programmé à 3h30 AM après avoir dormi 3h et un vent favorable qui finalement va se retourner contre nous vers Tinténiac. Pour cette 19ème édition, le vent n’aura pas été notre allié !

Nous passons de nouveau les monts d’Arrée dans la nuit et la descente vers Carhaix dans le brouillard et le froid (4°C)

Le stop à Carhaix occasionne une perte de temps, car il y a énormément de monde au ravitaillement entre les participants allant vers Brest et ceux se dirigeant sur Paris.

Le soleil fait son apparition et les pelotons se font rares. Jusqu’à Loudéac tout se passe bien. La hausse de la température ambiante agit sur la forme physique, nous roulons a 2 puis a 8 à vive allure en prenant des relais réguliers. Le vent se retourne progressivement contre nous et le peloton se désagrège à l’occasion du ravitaillement de Cadillac.

A Tinténiac mardi 16h c’est l’heure de prendre un bon repas en plein milieu d’après midi (nous sommes un peu décalés), contrairement à ma participation au PBP 2011, j’avais décidé de manger plus de fruits et légumes, de limiter les grands repas avec viande féculent à deux par jours, ce qui finalement a occasionné beaucoup moins de problème de digestion.

En cette fin de mardi après midi tout s’enchaine du mieux possible. Contrôle à Fougère où je croise Cherif au moment de repartir en pleine forme et satisfait de son parcours, je roule en solitaire pendant une cinquantaine de kilomètres puis groupé à l’approche de la nuit. Le froid dû à la tombée de la nuit se fait sentir et agit directement sur l’organisme déjà fatigué, une dernière longue cote, les seuls deux « frenchies » du groupe se retrouve tout seul devant au sommet et nous plongeons sur Vilaine la Juhel.

A 23h à Vilaine la Juhel, la question se pose pour un arrêt sommeil, je décide juste de m’alimenter et repartir dans le froid non sans avoir pris soin de me couvrir de tout mes vêtements et changer les piles car éclairage avant est HS. Nous sommes une petite dizaine d’un groupe composé d’anglais de Manchester d’un Japonais venu de Kyoto et moi-même seul Français.

A 4h du matin à Mortagne, la question ne se pose plus pour un arrêt sommeil. Une royale nuit réparatrice de 2h, et de retour sur le vélo prêt à partir à 7h du matin, mon genou droit tient le choc quoique bien qu’endoloris et mon allure hors vélo est boitillante.

Le regain d’énergie accumulée lors de la pause de Mortagne s’avère précieux pour passer sans encombre les dernières bosses en filant sur Longny en Perche puis Senonches, la qualité du revêtement des routes du perche et tout au long du parcours est mauvaise, ce qui me vaut des fourmillements et de l’insensibilité dans les mains. Patrick avait pris soin de doubler sa guidoline avant le départ, j’aurai dû en faire de même. Je compatis également pour un vélo couché caréné qui devant moi se prend un énième dos d’âne (probablement celui de trop, …) et manifeste de colère par des hurlements !

A partir de Senonches la route redevient plate et malgré le vent de face les kilomètres passent vite. Le dernier contrôle a Dreux est une formalité, plus que 44 km … et contrairement à l’édition de 2011 le parcours final est beaucoup plus facile.

Arrivé à Rambouillet à 12h15 (l’heure normal du déjeuner…), attendu par Patrice et Pierre qui guettent avec patience les participants de CTVS. Il est vrai que cette année nous sommes 17 (un record !)

Il faut déjà penser à la récupération et à la reprise du travail le lendemain… le tête remplie de beaux souvenirs sans oublier l’accueil toujours aussi chaleureux sur le bord des routes, à n’importe quelle heure du jour et de la nuit…

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