Tag Archives: PBP2019

PBP selon Dominique, « mon premier (et dernier) Paris Brest Paris ! » (récit)

Je me mets devant mon ordinateur sans savoir par où commencer. Comment résumer une expérience aussi forte et intense, partagée et cependant très personnelle ?

Le parcours : De très jolies petites routes de campagne, de magnifiques paysages au lever du jour (sauf le mardi matin où le paysage était masqué par un brouillard et une bruine glaciale) ou au coucher du soleil (mise à part le lundi soir ou le temps était humide et glacial suite à une énorme averse), la traversée de très beaux villages ( Fougères, Ambrières… et plein d’autres mais malheureusement la limite des 90 heures ne m’a pas permis de m’arrêter pour visiter comme je l’aurais aimé), une mention spéciale pour les monts d’Arrée (à l’aller, la descente me faisait redouter un retour difficile à tort car la côte de 15km était longue mais en pente douce, d’où mon expression « c’est une côte plate » qui a un instant fait douter de ma lucidité), une arrivée sur Brest grandiose par un pont sans voiture traversant la rade.

Les participants : Vous n’êtes jamais seuls, il y a toujours un cyclo Continue reading

PBP2019 selon Cherif, « … et soudain le silence total au milieu des arbres » (récit)

Dimanche 16h45, à peine parti de Rambouillet, le trac à son maximum, le peloton parti sur les chapeaux de roue, le public sur le bord de la route chauffé à blanc, vers le 10e km, je sens une gêne au niveau du pédalier comme si ma câle de chaussure était desserrée. Juste un après un rond point, je me dis que finalement ce n’est rien, ça va et je dis à Patrick en rigolant, je sens que tu es chaud. A peine j’ai fini ma phrase, qu’il doublait le groupe. Qq centaines de mettre plus loin à une allure phénoménale, j’ai appuyé un peu sur les pédales. Le pédalier se desserre et je me retrouve avec la pédale gauche perpendiculaire à la droite. Impossible de pédaler. A peine le temps de me rabattre sur le côté droit avec tous ces acharnés qui filent. Et là plus personne, tout le groupe D parti à 16h45 est passé et soudain le silence total au milieu des arbres.

Je commence à ouvrir ma sacoche pour trouver une clé Allen et tenter de remettre cette satanée pédale à l’endroit. Et là une voiture grise qui arrive à mon niveau et miracle Jean-Paul est là. Il faisait un repérage de course, pas loin de Condé et a reconnu le maillot du club. Sans hésiter, il m’aide à embarquer le vélo, direction le stand Culture Vélo à la bergerie de Rambouillet. Continue reading

PBP2019 selon Bertrand, « revoir des amis cyclos » (récit)

« A mon tour d’écrire quelques mots et impressions sur ce PBP, qui s’est déroulé avec des températures idéales pour le vélo, quoique trop froides dans les nuits, sans pluie (à part quelques gouttes dans le Finistère, mais, entre les PBP et les diagonales, c’est le cas quatre fois sur cinq !).

En revanche, le fort vent d’ouest qui nous a « cassé » à l’aller, a progressivement tourné vers le nord, et il n’était guère favorable au retour. J’avais pour objectif de faire moins de 70 heures, comme c’était le cas avant 2003, mais ce seuil m’est désormais inaccessible. Il faut dire qu’au fil des éditions, les complications chronophages s’ajoutent : détour de Loupfougères, après (et avant, au retour), avec de belles bosses, nouveau contrôle de Saint-Nicolas, doublé d’une côte supplémentaire au retour, nouvelle route plus au sud après Corlay, et après Maël-Carhaix, au retour, nouveau point de contrôle à Brest (une bosse de plus), remplacement de Nogent-le-Roi par le contrôle de Dreux, et son marathon pédestre, exploration du nord de la Sarthe, bien « ondulé », à l’aller et au retour, à la place de la route directe Mamers-Fresnay sur Sarthe ETC.

Sur le plan de l’organisation, le gros progrès, au  départ, est la constitution préalable de « vagues ». Mais cette année, le contrôle (inutile à mon avis) des vélos a été particulièrement pénible, avec une longue attente sous la pluie. Le lendemain, le parking « longue durée » était déjà complet à 16H30. A la différence d’il y a deux éditions, Continue reading

PBP2019 selon Paul, « je me suis endormi plusieurs fois sur le vélo » (récit)

Pour ma part, la chance n’a pas été au rendez-vous. C’était pourtant bien parti, j’étais en avance sur le planning que j’avais établi.

Mais juste avant d’arriver à Fougères (sur l’aller), ma pédale droite s’est fendue, mon pied glissait vers l’extérieur et je ne pouvais plus me mettre en danseuse!
Arrivé au contrôle, j’ai cherché à changer mes pédales mais l’atelier de réparation sur place n’en n’avait pas.

Je suis donc reparti avec ma pédale cassée. Sur la route, je me suis arrêté une première fois auprès d’un gars qui bricolait sa voiture, il a trouvé deux risants dans son garage mais en repartant le problème était identique. J’ai avancé comme je pouvais, je me suis arrêté de nouveau et j’ai demandé un bout de fil de fer à une personne qui m’a gentiment permis de fouiller dans son hangar.
J’ai attaché tant bien que mal ma pédale avec le fil de fer et je suis reparti.

Au bout d’un certain temps, j’ai commencé à ressentir une douleur Continue reading

PBP2019 selon Philippe, « plus loin un TGV me double » (récit)

Mon objectif PBP 2019

Prendre mon temps, dormir autant que besoin sans abuser et profiter de l’ambiance et du paysage. 

Je ne veux pas renouveler l’expérience de 2015 ou j’avais terminé la dernière nuit avec hallucinations et puis j’ai 4 ans de plus, mal au dos depuis 3 ans maintenant, plus une tendinite à chaque tendon d’Achille faite sur le BRM 600 que j’avais abordé fatigué.

Je suis donc inscrit en moins de 90 heures pour être en cohérence avec cet objectif. Surtout pas de « moins de 84hrs » il faut se lever trop tôt le matin. 

Préparation

Depuis le brevet de 600km début juin, je n’ai pas fait de longue distance déjà parce qu’il m’a fallu soigner les 2 tendinites (ondes de choc, Compex, froid, argile) et puis quand ces dernières sont apparues soignées, j’ai eu peur que cela recommence ! Je suis un peu inquiet de ce manque de sorties longues, inquiétude accentuée quand je vois sur Strava les sorties des « rouleurs » du CTVS. Continue reading

PBP2019: Pourquoi je ne ferai pas Paris-Brest-Paris (point de vue)

Année record pour le CTVS ! 18 membres se sont qualifiés pour le Paris Brest Paris 2019 et ils sont 14 arrivés dans les temps. Admirable et exceptionnel !

Mais le CTVS compte encore plus de membres, presque 100, qui font du cyclotourisme sans se lancer dans cette course mythique qui a pourtant attiré 6,673 cyclistes cette année de 66 nations distinctes et seulement 24% de français.

Patrick Z m’a dit à son arrivée que c’est complètement idiot et qu’il ne fallait surtout pas faire le PBP. Et il insistait alors que j’étais déjà vraiment convaincu ! J’avais déjà quelques raisons en tête:

  1. J’aime pas les boucles. Certes mes sorties dominicales sont le plus souvent des boucles mais idéalement je voudrais me rendre quelque-part et surtout ne pas revenir par le même chemin. Ça renforce le sentiment de vacuité de ce que nous faisons.
  2. Je veux pouvoir prendre mon temps. M’arrêter pour prendre une photo, faire un tour dans le petit village médiéval que je traverse, prendre une pause restau pour le déjeuner… Bref, c’est le T de CTVS.
  3. C’est trop dur. 1200 km en 90h !  A peine le 600 km fini, ce qui me parait déjà hors de portée, enquiller un autre 600 km… dormir n’importe où et notamment sur son vélo… mal aux fesses, mal aux mains, mal au dos, mal au cou, mal partout… trop trop ouf ! 😨
  4. Le vélo, c’est la liberté. Dans l’espace et dans le temps. Choisir sa route, son rythme, ne pas faire la queue 45 minutes pour manger ou pisser…

En revanche, je trouve cette épreuve extraordinaire par l’effort qu’elle requiert et la diversité des gens qu’elle attire de par le monde. A l’arrivée, un anglais très enthousiaste d’avoir un peu trop fêté son arrivée à la buvette me racontait qu’il n’y avait pas de plus belle épreuve longue distance que le PBP: « plus de 100 ans de tradition, c’est inimitable ! » Alors je crois quand même que je pourrais envisager un jour de suivre un concurrent et d’en profiter pour faire un reportage photo.

Heureusement, il y a plein d’autres manières de faire du vélo au CTVS et à découvrir pour les néophytes ou les initiés. Bienvenue !! 😎

(… et puis la liberté, c’est aussi celle de peut-être un jour changer d’avis)

PBP2019 selon Serge, « mon 2ème et très probablement le dernier » (récit)

Tout a commencé la veille à la Bergerie Royale de Rambouillet sous la pluie dans la file attente qui nous menait au contrôles des vélos et la remise d’un kit contenant les plaques de cadre, carnet de route. Heureusement le dimanche après-midi avec l’apparition du soleil, le temps est idéal mais un vent de face s’est levé.

Cette année j’avais opté pour des bagages minimums à savoir une sacoche arrière contenant des vêtements pour la nuit et en cas de petite pluie, ainsi qu’un ravitaillement sensé m’amener jusqu’a premier contrôle (Km220 – Vilaine la Juhel). Je n’avais pas élaboré de véritable plan de route concernant les arrêts.
Départ en groupe en peloton à 17h. En route jusqu’à Montagne aux perches (Km 120), un petit arrêt pour s’équiper pour la nuit et de repartir avec Patrick
Entre Mortagne et Vilaine, c’est l’occasion de reformer le groupe CTVS en rejoignant Pierre et David du CTVS. Tout file normalement jusqu’au Vilaine puis Fougère (Km 300), mis à part quelques chutes provoquées Continue reading

PBP2019 selon Denis, « j’irai jusqu’à confondre des cyclo avec les zébra de la DDE! » (récit)

Rentré de voyage samedi soir, avant veille de mon départ 84h lundi 5h.

Les prévisions météo sont assez robustes : il n’y aura pas de pluie, sauf un peu lundi soir, vent contraire pas trop fort qui tournera pour être contraire même au retour. Grrr.

Visite du vélo dimanche tôt le matin. Je laisse le vélo sur place. Il pleut.

Je voulais revenir tôt pour voir les départs des 80h du club (CTVS) mais les derniers préparatifs prennent plus de temps que prévu avec la tête « prise » par cette crève déclarée.

Je verrai les départs des 90h. Ambiance festival international (3/4 d’étrangers), soleil et cyclos allongés dans l’herbe devant l’immense file de vélos dans le sas de départ. Tiens? un pneu qui crève dans le sas, on dirait que certains découvrent leur monture !? Continue reading

PBP2019 selon Jean-Luc, « un peu d’états d’âme et un brin de chronologie » (récit)

C’était mon premier PBP, avec, au départ, 2 ou 3 certitudes après le BRM 1000 de début juillet : capacité du bonhomme à tenir la distance et à passer sans problème au moins 1 nuit blanche ; Mais aussi quelques interrogations : quid de la 2ème nuit et de la journée suivante ? (à ce moment-là, je ne comptais pas passer une 3ème nuit sur la route…)

Pas de plan établi à l’avance, avec temps de passage à tel ou tel endroit. C’est à peine si je connaissais le nom des villes étapes entre Villaines et Carhaix. Je savais simplement qu’il y avait de 80 à 100km entre chacune d’elles. Les seuls objectifs étaient ‘macro’ : accrocher le groupe de tête, si possible jusqu’à Villaines, rouler ensuite jusqu’à Brest, repartir vers Carhaix et aviser à ce moment-là.

Départ en fanfare avec Lionel à 16h30 le dimanche; Dès la sortie du parc de Rambouillet, on se met à la planche pour essayer de recoller au peloton de tête, déjà loin devant. Il nous a fallu chasser 10 bornes jusqu’à l’entrée de St-Léger pour y parvenir (38km/h de moyenne sur les 10 premiers km). Mais c’était l’objectif initial et je me dis qu’à partir de là, les pulsations vont descendre tranquillement pour retrouver un rythme d’endurance plus compatible avec ce qui nous attend. Grosse erreur : le cardio est resté très (trop) haut jusqu’à Villaines. Ça n’est qu’ensuite qu’il est descendu progressivement pour se caler au rythme attendu un peu avant Fougères. J’insiste là-dessus parce que c’est le truc qui a rythmé mes 300 premiers km. Nuit tranquille et pas trop fraîche. Continue reading

PBP2019 selon Pierre, « 4 km de trop ! » (récit)

« C’était mon 3ème PBP. Impression générale, peu de français, beaucoup de participants d’autres pays, qui roulent entre eux, ne communiquent pas ou mal, même en anglais. Vent de face à l’aller et un peu au retour aussi, froid le matin (2
matins à 5°), donc peu propice à faire un « temps ».

Au départ je perds ma pompe en passant le portail de la bergerie et me voilà avec les derniers du groupe C. C’est ballot, je soupçonne un coup de Jarnac de mes
adversaires.

Très vite, j’ai mal au genou gauche et dois ralentir ma progression, mais pour rester dans le coup des 80h je devrais limiter le temps aux contrôles, autant que possible. Ce qui donne une situation amusante : je me fais rattraper par plusieurs groupes, je contrôle, repars dans les 15 mn et me fais rattraper par les mêmes groupes sur l’étape suivante. Certains groupes Continue reading