Diagonale Hendaye-Menton JL Cogen D Scala L Renaud J Vanduyse

Du dimanche 03 au mercredi 06 mai 2026

Participants : Denis Scala, Jérôme Vanduyse, Lionel Renaud et Jean-Luc Cogen

Rédacteur : Jean-Luc Cogen

Une histoire de liquides

La décision de faire cette diagonale en équipe de 4, tous membres du CT Ville de Sceaux, remonte à la fin de l’année 2025, après que Denis m’a demandé si j’envisageais d’en faire en 2026 ; Je lui parle alors de mon projet ‘Hendaye-Menton’, en réserve dans un répertoire de mon ordi depuis 2024 ; Voilà quelque chose qui l’intéresse, car ce serait pour lui l’occasion d’amorcer sa deuxième série ; Il sollicite alors Jérôme et Lionel, qui se déclarent partants, à mon grand étonnement, car ces deux-là, que je connais bien, n’avaient jusqu’alors pas manifesté un enthousiasme débordant pour ce genre d’activité ; Oui, mais voilà, ils sont, tout comme moi, inscrits pour le Paris-Nice Cyclo de fin juin et on aura tous besoin d’engranger des km avant cette échéance. Alors, pourquoi pas une Diagonale en équipe ?

Ce sera donc le début de la 2ème série pour Denis, leur 1ère pour Jérôme et Lionel, et la 3ème pour moi.

L’hiver m’a permis de peaufiner l’itinéraire (ou presque, voir plus loin), tout en construisant une feuille de route réaliste; Nous voilà donc avec une trace de 927km en 4 étapes, avec 50 minutes de marge le dernier matin, par rapport au délai de 78 heures, pour effectuer les 118 km qui séparent Draguignan de Menton.

Denis nous alerte dès l’ouverture à la réservation des TGV pour Hendaye et nous voilà tous les 4 avec une place vélo non démonté dans celui de 13h56 le samedi 02 mai, le créneau du 03 au 06 mai ayant été validé en commun pour effectuer cette traversée Ouest-Est tout en bas de l’hexagone.

Hôtels réservés à St-Gaudens, Sète et Draguignan, en plus d’Hendaye. Le jour J, aller en groupe jusqu’à la gare Montparnasse avec une température agréable et un beau soleil, que la météo prévoit beaucoup moins présent les jours suivants.

Nous ne sommes donc pas étonnés de trouver la pluie et un ciel vraiment bouché à la traversée des Landes ; Arrivée à Hendaye avec 50mn de retard pour diverses raisons, mais sans pluie ou presque, ce qui nous permet de rallier l’hôtel Santiago au sec (bon, il n’y a que 600m à faire…) ; Installation, dîner sur place au restaurant de l’hôtel (chipirons excellents quoiqu’un peu trop salés, mais les pintes ont pallié !) et au lit.

1ère étape : dimanche 03 mai 2026 – Hendaye – St-Gaudens (251km)

25,6 km/h de moyenne de roulage – D+ : 1950 m – température douce dès le matin, et qui le restera toute la journée (12° mini, autour de 18° en journée)

Vers 04h30, en l’absence de petit-déjeuner à l’hôtel et histoire d’embaumer la chambre, partage d’un camembert apporté par Denis dans ses bagages, préparation des vélos et c’est parti pour… 400 m de descente jusqu’au commissariat d’Hendaye.

Jérôme et Lionel se chargent de faire tamponner nos carnets de route; Il est 05h25 ; Pendant ce temps, j’envoie le SMS pour signifier notre départ à l’heure, et en route ; Il ne pleut plus et la route a commencé à sécher durant la nuit ; Remontée le long de la côte jusqu’à Bayonne (dommage que la nuit nous empêche de mieux en profiter), où nous attend Serge Tandil, sariste, qui nous accompagne jusqu’à la sortie de la ville. Nous nous séparons après une dernière photo.

1er contrôle à Peyrehorade (km 69) assorti d’une pause boulangerie, tout ça avec un temps encore sec et même un rayon de soleil. ‘J’ai pas de tampon, mais j’ai du scotch’, nous dit la boulangère ; On s’en sert donc pour fixer solidement nos tickets de caisse à l’emplacement qui va bien sur le carnet de route.

La petite brise défavorable ne nous empêche pas de bien avancer sur de petites routes sans dénivelé, en longeant l’Adour, puis les Gaves, au milieu des plantations de kiwis et des champs de maïs ; Rouler à 4 permet de prendre de l’avance sur la feuille de route et de s’autoriser quelques arrêts sans crainte de se mettre en retard. Belle vue sur la chaîne pyrénéenne à notre droite, avec ses sommets encore bien enneigés.

L’averse de la journée nous coupe la route une vingtaine de km avant Pau en nous obligeant à enfiler les vestes de pluie. Elle nous accompagnera jusqu’à la pause de midi (Pau, km 144).

Déjeuner et pointage dans une brasserie (roborative blanquette de veau…).

La pluie a cessé et le soleil est même revenu ; C’est donc reparti pour les 107 km restants de cette journée après s’être enduits de crème solaire (sauf Jérôme, absent à ce moment-là, et qui saura nous reprocher ce manque de savoir-vivre) ; Après Soumoulou, c’est tout de suite beaucoup moins plat, avec une succession de bosses qui nous amènent 60 km plus loin, à Tournay, pour une pause au bistrot local;

J’aurais dû en profiter pour aller acheter quelques calories au petit supermarché situé à quelques dizaines de mètres, ça m’aurait évité de me retrouver quasiment en hypoglycémie une vingtaine de km plus loin. Le vent de secteur Est, qui s’est nettement renforcé l’après-midi, a rendu ces 100km plus compliqués encore. Passage au point le plus élevé de cette diagonale, à l’altitude de 665m environ, au km 215.

Arrivée à 18h25 à l’hôtel Ibis Budget d’Estancarbon, à la sortie de St-Gaudens, en avance d’une ½ heure sur la feuille de route.

Ouf de soulagement : à part l’averse de fin de matinée avant Pau et quelques gouttes dans le final, le temps a été clément toute la journée, contrairement à ce que prévoyait la météo plusieurs jours avant ; c’est toujours ça de pris !

Douche, puis dîner dans la brasserie située juste à côté ; ‘Lessive’ pour certains d’entre nous et extinction des feux vers 21h30.

2ème étape : lundi 04 mai 2026 – St-Gaudens – Sète (285km)

26,0 km/h de moyenne de roulage – D+ : 1250m – température moyenne : 16° (13 mini au départ)

L’avantage des Ibis Budget réside dans la possibilité d’un petit-déjeuner avant un départ pourtant très matinal, ce qui permet de tenir sans problème jusqu’au 1er contrôle.

Donc, départ à 05h12 l’estomac plein, mais avec 12mn de retard sur la feuille de route, à attendre Lionel qui refaisait son paquetage pour la 3ème fois.

Jérôme devant et nous derrière pendant les 30 premiers km, effectués à plus de 30km/h de moyenne dans la vallée de la Garonne ; Un peu de circulation au départ de St-Gaudens malgré l’heure matinale, plus calme ensuite après l’accès à l’A64 ; Nous voilà revenus dans les clous de la feuille de route, et on a continué à bien avancer jusqu’au km 55, où la trace nous a fait traverser la Garonne pour attaquer une belle bosse (une des rares de la journée) sur une route très fréquentée à cette heure-là par un tas de camions et de voitures pressés d’aller rejoindre l’A64. Courte descente ensuite pour accoster à 7h30 à St-Sulpice-sur-Lèze (km 60) et pointer au bar-presse-tabac ; Comment dire ? Joli village si on coupe le son pour ne garder que l’image ! Jolie galerie couverte ancienne, mais une circulation de camions et de voitures infernale, à cette heure-là en tout cas, dont le fracas se répercute sous les arcades où nous étions installés ; Cafés et/ou chocolat chaud (pas très au point, ce dernier, semble-t-il) ; On ne s’est pas attardés plus que nécessaire. Encore une bosse pour quitter la vallée de la Lèze et on roule en direction de Carcassonne (km 160), où la feuille de route prévoyait de nous faire accoster vers 12h30. A noter une constante de cette diagonale : la plupart des voitures nous doublent en nous rasant sans se préoccuper de ce qui peut venir en face ou pas, comme si nous n’existions pas !

Entre Fanjeaux et Montréal, au km 134, Jérôme, qui roulait devant, s’est octroyé au moins 4 km supplémentaires, en prenant une ‘mauvaise’ direction ; Il avait chargé une version obsolète de la trace, que j’avais modifiée pour nous faire arriver à Carcassonne en passant par Montréal, justement. Ça monte un peu plus, mais c’est plus court de 4 km en passant par là ; Le problème, c’est qu’il a fait 2km en descente, avant de devoir les remonter pour nous rejoindre. La pluie en a profité pour s’inviter à ce moment-là, mais c’est surtout le vent d’Est qui a commencé à vraiment nous embêter; Il ne nous quittera plus jusqu’à l’arrivée à Sète en se renforçant au fil de l’après-midi.

Arrivée à Carcassonne à 12h00, en avance de 30mn malgré les péripéties de la fin de matinée; On a dû parlementer pour faire accepter nos vélos en terrasse de la brasserie que l’on visait. Qui dit Carcassonne dit cassoulet ; On a donc mangé un cassoulet (enfin, un chacun), accompagné d’un demi-pression pour 3 d’entre nous (les mêmes à chaque repas, je ne citerai pas le nom du 4ème) ;

En quittant la ville, photo devant la cité depuis le vieux pont et c’est parti pour 125 km, dont une bonne centaine avec un fort vent défavorable ; Le cassoulet a accompagné l’avancée de certains d’entre nous tout l’après-midi…

Arrivée au contrôle de Capestang à 16h00, avec seulement quelques minutes d’avance, la faute à ce fichu vent, très pénible.

On s’arrête à la boulangerie à l’entrée du bourg pour une petite collation; En l’absence de tampon pour le pointage, ce sera donc un ticket de caisse ; Pas d’adhésif cette fois, mais Jérôme nous dégotte une agrafeuse ! Récalcitrante au début, elle finit tout de même par faire ce qu’on lui demande.

Après Béziers, nous empruntons la voie verte le long du canal du Midi pendant une bonne vingtaine de km, dont 2 ou 3 de gravel ; Peu de monde sur cette piste, car le temps n’est pas folichon ; Tant mieux, on peut rouler à bonne allure sans être obligés de ralentir à tout bout de champ ; Intermède sympa après la traversée de Béziers et avant celle d’Agde, avec tout de même une alerte pluie qui nous fait enfiler les tenues ad-hoc un peu avant Agde ; Traversée de la ville à oublier, surtout pour Lionel et moi, qui nous sommes bien plantés (moi en fait, car je roulais devant) en loupant l’accès à la piste cyclable pour passer sous la D612 ; Descente du vélo sur la bretelle d’accès, un peu de portage pour retrouver nos 2 compagnons sur la piste en contrebas (‘ben alors, vous vouliez prendre la 4 voies ?’). Encore quelques km de pistes cyclables et nous voici enfin arrivés en bord de mer ; Bien agitée, cette dernière, avec un grand vent de secteur Est de plus en plus fort; C’est pas encore la tempête, mais ça souffle tout de même méchamment ; On repère un accès à la plage pour faire quelques photos et une courte vidéo 

Allez, ça va le faire, il nous reste à peine 10 km de piste le long de la Méditerranée et 4 ou 5 de plus pour rejoindre l’hôtel en passant par le port.

Sauf que la pluie décide à ce moment-là de bien se renforcer, elle-aussi ; Au fil des km, l’humidité gagne les pieds, qui finissent par être totalement trempés à force de passer dans les flaques de plus en plus étendues qui jalonnent la piste ; Le haut du bonhomme est humide, mais si ça tient comme ça les 4 ou 5 derniers km, ça ira ; Plus que 2 km, mais ça commence vraiment à se gâter ; L’apothéose est pour le dernier km, avec, d’un seul coup d’un seul, toutes les vannes du ciel qui se sont ouvertes au-dessus de nos têtes en quelques secondes, le tout accompagné d’un vent qui, pour le coup, s’est mis au diapason ; Nous sommes arrivés à la réception de l’hôtel à 19h15, dégoulinants de la tête aux pieds et frigorifiés ; Il a fallu encore parquer les vélos dans un local extérieur en finissant de se geler dans le vent et sous les trombes d’eau, avant d’envisager comment ne pas transformer les chambres en piscine ; Une douche plus tard (chaude, celle-ci) et les idées un peu plus claires, on fait le point ; Il faudra essayer de faire sécher le maximum de vêtements cette nuit, et, dans un premier temps, trouver de quoi dîner ; Pas de resto, mais un stand de burgers/frites et salades rattaché à l’hôtel ; On s’y précipite pour commander avant la fermeture en se disant qu’avec une bonne pression pour accompagner, on s’en sortira pas si mal (Jérôme, tout au long de l’après-midi :’ce soir, je prends une pinte !)  ; Sauf qu’il ne restait que 40cl de liquide dans le fût et que c’était le dernier ; On a donc dû se partager ces 40cl, qui ont eu donc eu un vrai goût de trop peu. Heureusement, le distributeur de l’entrée avait des réserves d’eau pétillante et, moyennant quelques pièces, il a accepté de nous fournir autant de bouteilles qu’il nous en fallait pour compléter.

Tentative ensuite de faire sécher certains trucs au sèche-cheveux, mais la puissance anémique de l’engin m’a dissuadé d’y passer plus de temps ; Faudra que ça sèche tout seul !

Le sommeil n’est pas venu tout de suite, me concernant, et j’ai eu le temps d’écouter la tempête souffler jusqu’à ce qu’elle se lasse, elle aussi, vers minuit environ.

Dire que je leur avais ‘vendu’, il y a quelques semaines, une bonne bière suivie d’un dîner en terrasse sur le vieux port en arrivant à Sète…

3ème étape : mardi 05 mai 2026 –Sète – Draguignan (272km)

25,5 km/h de moyenne de roulage – D+ : 1780m – température moyenne : 19° (12 mini au départ)

Après avoir enfilé des vêtement encore humides (je parle pour moi, car Denis a sa méthode pour tout laver et faire sécher), petit-déjeuner vers 04h20 et départ à 05h04 (+ 4 seulement, on s’améliore), cap au N/E direction Marsillargues, lieu de notre premier contrôle du jour, et arrêt ‘boulangerie’.

Etonnamment, les routes sont presque sèches les 15 ou 20 premiers km, puis commencent à l’être beaucoup moins, puis plus du tout ; On comprend mieux pourquoi avec le jour qui se lève et nous laisse voir une énorme barre nuageuse posée sur l’horizon au nord. On se dirige vers elle en gardant un œil sur la route, les flaques d’eau étant de plus en plus nombreuses.

On franchit même de petits gués sur une portion de voie verte à hauteur de Mauguio (km 40), tout en slalomant au milieu d’une migration de lombrics longs comme la main ; Comme notre route devient de plus en plus ‘Est’, on laisse finalement sur notre gauche la masse de nuages, qui avait fini d’inonder la zone autour de nous quelques heures plus tôt, en complément des pluies des jours précédents ; Il y a de l’eau dans les vergers, dans les vignes, partout ; On se croirait au milieu de rizières en certains endroits.

Finalement, accostage à Marsillargues à 07h30, au km 57, avec 5mn d’avance sur le planning. Pointage à la boulangerie ‘SAS Tartine’, avec cafés, chocolat chaud (très bon celui-ci) et viennoiseries ; On en profite pour faire le plein des bidons, compléter celui des pneus à l’aide du petit compresseur sur batterie de Jérôme (pas discret, mais efficace, l’engin) et on remonte en selle.

Le moment de bravoure de la diagonale se profile, mais nous ne le savons pas encore.

Arrêt photo de mes collègues sur le pont Boulet à la sortie de Marsillargues pour quelques photos du Vidourle en crue, et puis on s’engage sur une petite route étroite qui file vers l’est en direction du Cailar.

Tellement étroite, la route, qu’on doit s’arrêter pour laisser passer les véhicules qui arrivent en face ; L’un d’eux lance un ‘bon courage’ à Lionel, qui se demande bien pourquoi… Après environ 1 km ½, on franchit un passage à niveau, la route fait un virage à gauche et là, on comprend le sens du ‘bon courage’ ; Il n’y a plus de route, elle a disparu sous les eaux !

Je m’arrête et commence à penser à un itinéraire de détournement, quand je vois Denis (le fataliste ?) s’engager dans cette étendue d’eau en disant : ‘de toute façon, j’avais prévu de changer mes roulements de pédalier après la diagonale’ ; Bien joli tout ça, mais ils sont récents, les miens, comme le vélo d’ailleurs. Et nous voilà partis dans une succession de zones inondées plus ou moins profondes (de 15 à 20cm en certains endroits).

Les chaussures et les pieds qui avaient commencé à sécher sont bien sûr instantanément trempés, et pour de bon cette fois ; Mais, en roulant doucement, ça passe sans problème, même si on ne voit pas du tout où l’on met les roues, l’eau étant rendue boueuse par les véhicules venant en sens inverse, qu’on laisse passer en s’arrêtant entre 2 mares. On navigue comme ça quelques centaines de mètres en cumul, avant de retrouver la terre ferme.

Fin de l’épisode ? pas vraiment, car toute cette eau a fini par pénétrer dans certaines jantes (nous roulons tous les 4 en tubeless), voire dans les pneus ( !), ce qui oblige Lionel à mettre une chambre à air à l’avant à Arles (km 100) ; Pause-café non prévue et agréable pour ceux qui n’ont pas à bricoler !

Second arrêt une quinzaine de km après, pour sa roue arrière cette fois, dont le pneu semble avoir pris l’eau, on ne sait comment, et ruiné un colmatage ancien (à l’issue de la diagonale, j’ai démonté la roue arrière de mon vélo pour constater l’absence d’eau dans la jante…).

Ces soucis derrière nous, nous reprenons la route et avançons bon train avec, pour la première et dernière fois, le vent favorable qui nous portera jusqu’à Charleval, où nous arrivons à 12h40, en retard de 10mn seulement sur la feuille de route (km 158).

Déjeuner en extérieur en mettant à profit le petit muret qui nous sépare de la route pour y faire sécher chaussures, semelles et chaussettes ; Le plaisir de dévorer un foie de veau persillade les pieds à l’air sous la table… (sans oublier les ½ pression et la Sanpé rituels).

Beau temps bien ensoleillé l’après-midi dans notre avancée vers l’Est et Draguignan, avec le vent contraire à nouveau, d’abord en remontant la vallée de la Durance jusqu’à Peyrolles-en-Provence, puis en s’engageant sur des terrains plus accidentés, mais aussi plus sauvages et plus beaux. Petite surprise due à ‘Openrunner’ qui nous fait emprunter un très joli raccourci juste avant Jouques (km 192), agrémenté d’un talus court mais raide pour sortir du vallon où coule le Réal ; Manque de vigilance du traceur, alors qu’il suffisait de rester sur la D561 pour rejoindre Jouques (il y en aura encore une 2ème le lendemain matin, beaucoup plus ‘méchante’) ; Collation à Varages (km 225), grosse bosse à la sortie de Tavernes sur une petite route très pentue avec des pourcentages à 2 chiffres, puis final jusqu’à Draguignan sur la D557, très fréquentée à cette heure-là ; Mais bon, le moyen de faire autrement ?

Arrivée à l’hôtel Provence à Draguignan à 19h00, en avance de plus d’une 1/2 heure sur l’horaire. Accueil très sympa du patron, qui sera encore là le lendemain matin à 04h00 pour nous préparer un superbe petit-déjeuner, dont des œufs brouillés ‘maison’. Nous y avons rendez-vous avec un collègue de club, Patrick, qui réside à Juan-les-Pins et a fait le déplacement exprès pour dîner avec nous (rendez-vous géré par Denis l’après-midi même tout en roulant), ce que nous faisons dans un restaurant de spécialités italiennes après avoir dégusté une bonne pinte au bar voisin.

Mais grosse inquiétude au moment d’aller dormir : la météo annonce des trombes d’eau pour le lendemain matin…

4ème étape : mercredi 06 mai 2026 – Draguignan – Menton (119km)

22,1 km/h de moyenne de roulage – D+ : 1780m – température moyenne : 19° (12 mini au départ)

Lever vers 3h15 pour constater qu’il tombe effectivement des cordes dans la lumière des réverbères.

La nuit a été bonne et les affaires ont fini de sécher, ce serait dommage de partir sous ces cataractes ; Très obligeant, le patron de l’hôtel nous apporte de grands sacs poubelles que nous entreprenons de découper pour y passer la tête et les bras ; J’en enfile un et me retrouve assez rapidement dans un sauna.

Durant le petit-déjeuner, l’appli météo de Denis l’informe que la pluie doit cesser vers 04h20 ! On décide donc de la croire et de décaler notre départ. Et effectivement, à 04h20, la pluie s’arrête !

Le temps de finir les préparatifs, c’est soulagés que nous prenons la route à 04h40, en retard de 25mn sur le planning, mais au sec dans les rues encore détrempées.

C’est là qu’intervient la 2ème surprise due à mon manque de connaissance des lieux et au logiciel de traçage, à savoir 500 mètres de chemin à moitié gravel avec plus de 10% de dénivelé moyen pour rejoindre la D562 qu’il aurait été possible, bien sûr, de prendre dès le départ de l’hôtel (‘chemin de Font-Clovisse’, c’est son petit nom, à ce passage qu’il faut éviter).

La nuit fait place à un petit jour blafard sur des routes encore détrempées, avec pas mal de belles bosses en direction de Grasse, que nous traversons en pleine pointe du matin au milieu d’un flot de bagnoles à n’en plus finir ; Et ça monte pendant plus de 9 km avant de basculer; C’est à ce moment-là qu’une belle averse nous rappelle que nous n’avons pas encore eu notre dose quotidienne de pluie. Denis et Jérôme, qui roulent un peu devant nous sous l’ondée, loupent l’embranchement vers la Colle-sur-Loup à gauche dans la descente et en sont quittes pour remonter quelques centaines de mètres. Lionel et moi, ne les voyant plus devant nous, nous doutons du truc et, après la Colle-sur-Loup, faisons une pause dans la descente vers Cagnes pour les attendre ; Nous en profitons pour quitter les oripeaux humides, car le soleil est revenu et nous réchauffe agréablement.

Arrivée groupée sur le front de mer, assortie de quelques hésitations pour trouver le passage sous la voie ferrée en gare de Cagnes et rejoindre la piste cyclable ; Ensuite, les km défilent au soleil avec la grande bleue à notre droite.

Petite pause avant le vieux port de Nice pour enlever les dernières couches superflues, remplir les bidons en prévision de la montée vers Eze et la Turbie par la moyenne corniche, et c’est parti pour la dernière ascension de la diagonale, évidemment la plus dure et la plus longue, mais aussi la plus belle avec le magnifique panorama à notre droite.

Regroupement du peloton à la Turbie le temps d’enfiler un coupe-vent pour la descente, et on se laisse glisser jusqu’à Menton où l’on rejoint le commissariat par le bord de mer.

Arrivée vers 10h50 ; Bertrand A. est déjà là, qui nous félicite; Jérôme et Lionel se chargent d’aller obtenir les tampons sur les carnets de route : Heure officielle d’arrivée indiquée par le fonctionnaire : 10h55, soit une amplitude de 77h30 pour l’ensemble de la diagonale.

Le retour

Bertrand nous pilote alors jusque chez lui, où nous attendent une douche et un pantagruélique repas.

J’ai encore en tête l’image de nos chaussures et chaussettes séchant au soleil sur le carrelage du balcon pendant que nous dégustons une bière bien fraîche.

Tout à nos discussions, le temps passe et Bertrand nous rappelle, à Lionel, Jérôme et moi, qu’il ne faudrait peut-être pas trop traîner pour aller prendre un train à destination de Nice où nous avons nos places réservées dans le TGV de 16h56 (Denis restant quelques jours en famille dans le secteur).

Mais cette diagonale ne pouvait pas se terminer aussi simplement ; Arrivés en gare de Menton, un TER nous file sous le nez et nous apprenons que c’était le dernier de l’après-midi, suite à un incident en ligne de l’autre côté de Nice.

Pendant que Jérôme cherche à se faire rembourser les billets (ce qu’il finira par obtenir en gare de Nice), j’appelle Bertrand, qui se propose de nous emmener en voiture par le chemin emprunté le matin, pour nous déposer à Villefranche-sur-Mer ; Aussitôt dit, aussitôt fait ; Démontage de la roue avant des 3 vélos pour mieux les caser à l’arrière de la voiture ; On y ajoute les roues et tout le monde arrive à se faire une place pour le voyage. Remontage à Villefranche, remerciements répétés à Bertrand et descente vers Nice, où Jérôme et Lionel doivent récupérer des housses envoyées quelques jours plus tôt (Bertrand m’en ayant prêté une, qui m’avait d’ailleurs déjà servi en septembre 2023 pour le retour à l’issue de Dunkerque-Menton).

Regroupement général en gare de Nice, puis voyage sans histoire jusqu’à Paris, où nous arrivons un peu avant 23h00.

Le temps de remonter les vélos, de plier et ranger les housses, et nous voici en route pour une courte traversée de la rive gauche et de la proche banlieue sud dans le vacarme des klaxons des scooters et des voitures fêtant la qualification du PSG pour la finale de la Ligue des Champions ; Retour à la civilisation…

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