Le séjour annuel du CTVS s’est déroulé cette année en Alsace à partir du mercredi 29 Mai tout le long du week end de l’Ascension, dans le village vacances VTF « Les Fougères » à proximité de Soulzigen sur le flan de la montagne des Vosges.
Comme chaque année, succès de fréquentation puisque 43 participants, dont quelques accompagnateurs, se sont retrouvés le mercredi après-midi à l’issue de trajets cette année relativement fluides, malgré le week end prolongé de l’ascension.
Seule ombre au tableau, une météo annoncée pluvieuse jusqu’au vendredi, à des températures très basses en altitude provoquant parfois des épisodes de grêle voire de neige. Mais cela n’a pas affecté le moral ni l’entrain des troupes du CTVS, il s’agissait les deux premiers jours de calquer au mieux les séquences de sortie vélo avec les fenêtres météo. Et pour certains, le parcours de la route des vins hors vélo restait une option.
Le village vacances étant à mi-hauteur, nous ne pouvions que descendre ou grimper au départ (et inversement à l’arrivée), cela promettait pour la suite des parcours, certes de moyenne montagne (alt. Max 1300 m), mais avec des dénivelés + significatifs (coefft max 2.3%), sauf si on descendait une bonne fois pour toutes dans la plaine d’Alsace. 14 parcours à la carte, concoctés par Maitre Michel Loisy, empruntés par groupes de niveau, après savantes observation et concertation la veille au soir.
La qualité de l’accueil et des prestations du site d’accueil a été globalement appréciée, particulièrement le sauna et la piscine, un bémol : la direction de l’établissement avait nettement sous-estimé le souhait des participants à accéder au bar sur simple demande, sans être contraints par un horaire d’ouverture, et surtout minimisé le volume des fûts à devoir mettre à disposition pour satisfaire les gorges assoiffées des cyclos en fin de journée (qu’en s’en souvienne l’année prochaine).
Les photos jointes à cet article témoignent de la beauté des paysages et de la satisfaction des participants.
Le témoignable rapporté ci-dessous par Thierry Vasseur, émérite cyclo (quoiqu’il ait davantage parcouru de kms à vélo qu’en course à pied en 2026) remémore quelques instants croustillants qui illustrent la drôlerie du séjour :
Alsace #1 – Gueule de bois
C’est lundi matin, et c’est dur de s’y remettre.
Une bonne gueule de bois, et pourtant je n’ai pas bu une seule goutte d’alcool. Le seul moment où j’ai voulu m’essayer à prendre un Monaco en récompense d’une journée de pédalage bien remplie, on m’a annoncé : « Plus de bière ». Dans un bar ! Fréquenté par le CTVS ! Ils sont dingues les gars, ou quoi ? Ils auraient fait la moitié leur chiffre d’affaires de l’année …
C’est lundi matin et il faut retourner au travail, retrouver les collègues, les clients et la morosité parisienne après un long week-end passé en Alsace.
J’ai envie de prolonger la magie de cette vie en communauté, je vais essayer de rassembler certaines choses vues et entendues dans un petit carnet de voyage.
C’est forcément partiel, partial et incomplet. Bancal sans doute aussi parfois.
Ça illustre mon week-end en Alsace.
J’ai besoin de cette béquille en ce début de semaine car la nostalgie est au rendez-vous.
J’ai eu beau « grimper » le pont du Garigliano ce matin avec mon vélotaf, aucun rapport avec le col de la Schlucht (prononcer Chlourte, je le sais j’ai fait Allemand, et j’ai une belle-sœur lorraine …)
Mais, il est 8h59 et la première réunion de la semaine va commencer.
Alsace #2 – On a oublié la mascotte
Le drame s’est noué en plusieurs étapes.
La veille, au repas du soir, notre mascotte était hésitante … faire la « petite » balade de 90 kms et 2000 de D+ ou aller rouler avec les cadors, les musclés du mollet, les roule-toujours, les jamais fatigués ?
Notre mascotte ? Vous la connaissez, elle est passée au 20 heures de France 2 et sans doute sur plein d’autres chaînes aussi.
Elle a sauvé la cathédrale Notre-Dame selon les dires d’une de ses copines cyclistes, juste avec ses petits bras musclés. Sur ce point, je suis un peu dubitatif, ladite cathédrale « sauvée » par notre mascotte a quand même nécessité 5 années de travaux, et il paraît que ce n’est pas fini … Mais c’est sans doute mon esprit grincheux.
Notre mascotte, vous l’avez reconnue, c’est notre pompière, bien élevée, toujours souriante, toujours aimable : Myriam !
Myriam hésite donc, en ce jeudi soir …
Je finis par presque la convaincre d’aller avec les « cadors ». D’ailleurs, ce soir-là, je dois être extrêmement persuasif, je parviens même à me convaincre moi-même que je fais partie des cadors …
Au petit déjeuner, la conversation reprend, et la miss est toujours partante. Rendez-vous à 9 heures, comme prévu.
Comme prévu ? Presque …
Deux grains de sable viennent perturber le bon ordonnancement des choses
Tout d’abord, Lionel – le cador des cadors – préconise de partir un peu plus tôt car au vu du parcours, la journée promet d’être longue. Si Lionel le dit …
Je m’active donc en oubliant de prévenir Myriam.
Et puis il y a Daniel qui prononce sa célèbre phrase : « Je pars devant, vous allez me rattraper, je n’avance pas ». Et il part, mais cette fois-ci, je l’accompagne, de moins en moins convaincu de ma condition de « cador » et de plus en plus convaincu que prendre quelques minutes d’avance n’est pas un mauvais calcul.
Je pars donc, sans Myriam qui se pointe au rendez-vous fixé à l’heure initialement fixé. C’est comme ça un pompier, 9 heures c’est 9 heures, 8 heures 55, c’est pas l’heure …
Je pars sans Myriam et je ne m’en rends pas compte en plus, tout occupé à essayer de suivre la roue de Daniel qui trace dans la descente.
Je ne m’en rends pas compte jusqu’au soir !!!
Quand je m’installe à table en face des deux copines de Myriam qui me disent : « Ben, c’est pas cool ce que vous avez fait à Myriam ce matin, vous êtes partis sans l’attendre, elle était bien vénère »
Waouh, la boulette !!!
A cette occasion, j’apprends que Valérie parle couramment le langage des jeunes (elle était « vénère » !) mais SURTOUT j’apprends que Myriam est capable de s’énerver. Et là, ça bouleverse plein de choses dans ma tête !
C’est quoi une Myriam énervée ? ça dit quoi, une Myriam énervée ? Zut ? Flûte ? Crotte peut-être ?
Je me suis déjà platement excusé mais je le refais par écrit. L’année prochaine, je ne roulerai qu’avec Myriam !
Alsace #3 – Le motard allemand
Pour mon 2ème jour, je choisis de délaisser les cadors – ou est-ce l’inverse ? – et de ne pas oublier Myriam.
Nous choisissons un parcours plus raisonnable que la veille, avec une grosse montée au début, une bonne partie sur la route des crêtes (magnifique !), une longue descente dans la forêt et une fin plutôt tranquille.
Nous partons donc de bon matin, à bicyclette (c’est pas de moi)
La montée du début est avalée avec moins d’entrain que le petit déjeuner mais le rythme est bon, le groupe homogène et l’ambiance sympathique.
Après une trentaine de kilomètres, le Markstein se présente devant nous, avec ses restaurants, rien de gastronomique mais avec 800 mètres de D+ dans les jambes, le cyclo se contente de peu.
Jean-Luc donne le tempo : « on s’arrête prendre un café en terrasse à l’abri du vent ».
On fait signe aux derniers du groupe qui naviguent à quelques encablures et on se compte : tout le monde est là, on peut se poser, prendre son café (court ou long ? avec ou sans bretzels ?) mais avant ça, il faut prendre la pose …
Photo !
C’est obligatoire au CTVS, on prend des photos de tout ! C’est un club de cyclotourisme, option photo !
Alors, pensez donc, avec un décor où une fausse vache de toutes les couleurs est plantée devant la terrasse du café, le cliché s’impose.
On se place du mieux possible et l’un de nous entreprend de jouer à l’artiste.
Mais, tu vas pas être sur la photo ! On va demander à quelqu’un ! Brillante idée s’il en est !
Depuis le début du séjour, on a tous remarqué ces pelotons de motards allemands qui parcourent les routes de montagne, par grappes de 5, 10 ou plus.
Il paraît qu’ils n’ont pas le droit de rouler à certaines périodes de l’année chez eux alors ils viennent jouer les Hell’s Angels sur nos routes à nous.
Et justement, il y a des motards à côté de notre groupe près à être immortalisé pour les réseaux sociaux.
On jette notre dévolu sur un grand motard, plutôt costaud, habillé tout en noir, grosses chaussures, grosse barbe, LE motard par excellence …
On rassemble tous les mots de vocabulaire qui nous restent après tant de temps sans pratiquer l’Allemand : ich möchte …
Photo, c’est Foto ? Facile !
Et prendre ? Machen, ça marche ? Nehmen, c’est pas mal non plus
Prêt à baragouiner la phrase qu’on vient de construire en équipe, et donc à susciter l’admiration de tous les collègues, je prends mon élan … et le motard me regarde, l’œil amusé : « vous embêtez pas, je suis français »
Ah bon, tous les motards qui font du bruit ne sont pas allemands ?
Alsace #4 Il est pas frais mon bar ?
Le séjour en Alsace a été marqué par un temps globalement bien pourri, des troupeaux de motards allemands et la quête de bars dignes de ce nom.
Au village de vacances, le bar s’est déclaré en pénurie de bière bien avant que les hostilités aient été déclenchées …
Et sur les routes parcourues à vélo, j’ai compté beaucoup plus de bars à la grille close que de bars ouverts et susceptibles d’accueillir un cyclo assoiffé.
Le vendredi, à l’heure où mon ventre a commencé à crier famine, je roulais avec Philippe. Je lui ai dit : « On pourrait s’arrêter manger ? »
Réponse : « Oui, on va trouver un bar »
J’ai admiré l’optimisme béat de mon compagnon de pédalage, on traversait des villages où il n’y avait pas même une boulangerie fermée, alors un bar ouvert …
Quelques kilomètres plus loin, l’hypoglycémie menaçant, mon ton a été plus directif : « je m’arrête sous l’abribus, là, dans 100 mètres ». Ce qui fut fait
Le lendemain, avec un groupe plus conséquent, nous avons certes profité du bar incontournable au sommet hyper fréquenté du Markstein puis, une fois redescendus dans la plaine, nous avons repris notre quête d’un endroit où se poser, boire un café, un coca ou les deux … et passer aux toilettes pour nous repoudrer le nez. Rien, nada, walou, …
Nous commencions à désespérer quand Clément a eu la bonne idée de crever.
Quand on crève dans un groupe où il y a Jérôme et Jean-Luc, c’est hyper confortable, ils ont crevé tellement souvent qu’ils ont toutes les astuces.
Faut commencer par la valve ! dit l’un
Oulala malheureux, il faut remonter tout à la main, sinon tu risques de pincer la chambre ! dit l’autre
Cette fois-ci, c’est Jérôme qui se distingue : il sort un petit sac transparent d’où il extrait un petit boîtier doté d’un embout.
Et oui, mesdames et messieurs, pour la première fois sous vos yeux ébahis, en exclusivité mondiale, en provenance directe de chez Cycl’expert, je vous présente l’accessoire qui va révolutionner votre vie de cyclo !!!
Roulement de tambour !
Le MINI-COMPRESSEUR !
La démonstration est immédiate et Jérôme, intarissable, nous avertit : ça fait un peu de bruit …
Effectivement, cela agresse un peu les tympans mais surtout, ça gonfle, vite et fort !
Jérôme suit la progression sur le mini écran
1 bar, 2 bars, …
Ben ça y est, on l’a trouvé notre bar 😊
On l’aura compris, ce séjour s’est bien déroulé mais il existe toujours des points d’amélioration que ce récit, un brin humoristique, a pointés, ce qui nécessite pour une prochaine destination de :
- Minimiser les risques de blizzard
- Rencontrer plus facilement des bars sur les routes
- Et surtout éviter le risque de croiser des hordes de motards allemands
Pour ces différentes raisons, les instances dirigeantes du CTVS ont choisi pour le voyage de l’Ascension 2027 la région du Cotentin, à Blainville-sur-Mer !